Prague, juin 2024

La capitale de la République Tchèque et le tourisme de masse

Alimenté en grande partie par les offres de voyages low cost, le flux toutique entraîne des effets négatifs notables sur la ville. L’uniformisation des services et des commerces, orientés vers les besoins des touristes plutôt que ceux des habitants, altère l’authenticité locale. De nombreux commerces traditionnels ferment, remplacés par des boutiques de souvenirs et des sandwicheries, effaçant progressivement le caractère de la ville. Cette affluence massive cause aussi une augmentation des loyers et des prix, rendant la vie quotidienne plus difficile pour les résidents. Le tourisme de masse bas de gamme, stimule autant l’économie locale qu’il menace l’identité de la ville de Prague.

Ce qui m’a immédiatement frappé à Prague, c’est la beauté des lieux. Une cité pleine de charme et de romantisme, un décor magnifique malgré la patine grise si particulière aux villes du bloc de l’est. Peu à peu les maisons ont repris des couleurs tout en gommant les détails qui faisaient leur identité.

Les signalétiques typiques sont peu à peu remplacées par le fléchage marronnasse de ce bon vieux JCDecaux. La surpopulation des sites emblématiques : la cohue, au pied l’horloge astronomique sur la place de la Vieille Ville, se forme au rythme du carillon et les vagues successives partent à l’assaut du pont Charles à la cadence du passage des tramways et du sémaphore.

La manne providentielle… Les vagabonds tentent de profiter de ce flux continu pour grappiller quelques pièces. Le tchèque n’est plus utilisé qu’anecdotiquement sur ce parcours et les Pragois ont déserté le centre ville pour des lieux plus vivables et on les comprend. En bas de page, quelques images de ces mêmes lieux, et un article déjà publié sur ce site le 28 décembre 2020.


Prague, septembre 1998 et 2009

« De mon premier séjour à Prague, je garde le souvenir de la carte du restaurant de l’hôtel, après avoir étudié un menu très complet, entrées plats et desserts, j’ai dû me rabattre du seul plat disponible, un goulash très riche en choux. J’y suis retourné plusieurs fois à quelques années d’intervalle, et enfin en 1998 puis en 2009. Ces deux dernières visites correspondent aux séries de photographies illustrant cet articles. Désormais on trouve de tout en ville : hamburgers, panini, sodas… comme partout ailleurs. En 2009, j’ai renoncé à piétiner une heure dans la queue à l’entrée de la cathédrale et du même coup à revoir le vitrail d’Alfons Mucha qui vaut pourtant le détour. Une question m’assaille : Fallait-il forcement « faire Prague » au point d’en chasser les Praguois et transformer la ville en parc d’attractions ? »


Voir également : « Venise » et les articles : « Eastern Blues », « Budapest », « Bulgarie », « Sighisoara ». Photographies distribuées par l’agence « Réa »