Le Printemps : Interlude
Le 4 mai 2020, sur la route de Valras. Dernière semaine de confinement. Le printemps bat son plein dans la campagne biterroise. Encore quelques jours à tenir avant de remettre le nez dehors et profiter du soleil. Pour la bande son, je préconise « Sunshine Of Your Love » par Spanky Wilson bien sûr.
Le confinement a offert une vision inattendue des terrains de football : plus de passes décisives, de cris de supporters ou de plongeons discutables. Juste un rectangle vert, qui d’ailleurs ressemble maintenant davantage à une prairie qu’à un champ de bataille sportif. L’herbe, enfin libre des crampons acharnés, s’est laissé aller à une croissance paisible, comme si elle célébrait cette trêve imposée. On pourrait presque y voir des pâquerettes s’organiser pour un petit match de pétales.
En tant que photographe à Béziers, habitué aux scènes animées, j’ai pris plaisir à immortaliser ces stades endormis. À travers mon objectif, ce gazon un peu trop échevelé raconte une autre histoire : celle d’une pause dans l’agitation, où même le sport roi a dû céder à l’appel du silence. Loin des exploits sportifs et des polémiques arbitrales, ces clichés capturent une autre facette de ces lieux, où l’absence devient le principal protagoniste.
Avec une pointe de dérision, cette image invite à réfléchir sur notre relation à ces espaces conçus pour l’intensité et laissés, pour un temps, à la nature. Peut-être que ce gazon insoumis, transformé en champ bucolique, nous rappelle qu’une pause n’a jamais fait de mal à personne, pas même au ballon rond. Un spectacle inattendu où l’ironie et la sérénité se mêlent, offrant un portrait inhabituel du sport à l’arrêt.
Voir également : « Travaux Récents ». Photographies distribuées par l’agence « Réa »