Romain Dupuy, conchyliculteur à Bouzigues.

Une fois sur le bateau, au milieu de l’étang, on oublie vite le début du printemps et la douce chaleur du lever de soleil. C’est la sensation de fraîcheur qui l’emporte, et une légère tramontane vous fait revoir à la baisse l’opinion que vous aviez de votre blouson douillet. Au cours de la ballade, Romain m’apprend que d’autres amateurs de coquillages habitent ces eaux, les daurades. La concurrence est rude et, il faut défendre les mollusques en bas âge de la voracité des poissons en plaçant des filets autour des parcs à huîtres. À la fin de l’été les daurades quittent l’étang et regagnent la mer en passant à la Pointe-Courte, mais ça c’est une autre histoire.

Les journées sont rythmées par les aller et retours des bateaux sur l’étang. On remplace les coquillages arrivés à maturité par de plus jeunes. Le gros de l’activité se passe à terre. On calibre les huîtres et on discute de la direction du vent. Sud-Ouest ou Nord-Ouest ? Avec l’été, Romain se fait patron de guinguette et propose ses produits aux « Demoiselles Dupuy », à quelques pas du ponton. En circuit très court, directement de l’étang à l’assiette.

Mais avant de les déguster, il faut encore récolter et sortir les huîtres de l’eau. La technologie fait de timides avancées sur l’étang. Comme ce tapis roulant, actionné par un guindeau électrique, qui permet de hisser les coquillages à bord du bateau sans trop d’efforts. Pour le reste il vaut mieux pouvoir compter sur de bons bras. Une fois les huîtres nettoyées et calibrées manuellement, une partie de la récolte est remise à l’eau dans des poches ostréicoles.

« Les Demoiselles Dupuy ont été créées en 1993 à Bouzigues par Gilles Marie Dupuy, artiste peintre et architecte. Celui-ci est devenu ostréiculteur à Bouzigues en espérant avoir une vie plus proche de la nature. »


Voir également : « Sète », et le site de Romain Dupuy « Les Demoiselles Dupuy ».